Pour la remontée vers le nord, nous choisissons de suivre la côte atlantique argentine. Nous n’en connaissons pas la partie la plus australe et les routes y sont de bonne qualité (pas de ripio!!!).

Nous réalisons deux escales techniques pour Ulysse :
La première à Rio Grande sur la Terre de Feu pour changer nos deux pneus avants dont les témoins d’usure sont atteints.
Dans une première gomeria, on nous propose des pneus paraissant convenir mais qui s’avèrent trop petits une fois le premier monté. Le quiproquo nous vaut quelques remarques désobligeantes du garagiste qui doit défaire son travail. Moyennant quelques pesos et excuses, nous repartons avec nos anciens pneus. Nous trouvons notre bonheur dans un seconde gomeria dans laquelle nous somes très bien accueillis.
La seconde à Rio Gallegos :
– vidange et changement des filtres. Alors qu’Ulysse est sur le pont, je remarque que le pare-buffle avant est branlant. Un ferronnier présent au garage resoude l’ensemble. Si le pare buffle se fragilise à nouveau, je le ferais démonter définitivement.
– contrôle du parallélisme : les anciens pneus avant ayant subis des usures asymétriques.

Mais notre réelle destination sur cette côte est le Parc national Monte Leon. Plusieurs voyageurs nous avaient vanté avec raison la beauté et la richesse des lieux.
Les flamants roses observés à quelques encablures du parc et les panneaux de signalisation éveillent notre curiosité.

Monte Leon 1

Nous y passons quatre journées à observer une large colonie de cormorans implantée sur une île accessible à marée basse, une loberia (colonie de lions de mer) située en contre bas d’un belvédère, une immense colonie de manchots de Magellan installée dans une large baie (les œufs ont éclos et nous observons de tout jeunes manchots), des nandus, des zorros, des guanacos, des moufettes…

Cormorans Parc Monte Leon
Cormorans Parc Monte Leon
Manchots de Magellan - Parc Monte Leon
Manchots de Magellan – Parc Monte Leon

Mais l’une des particularités de ce parc est la présence de pumas dans les reliefs alentours, la colonie de manchots constituant une immense réserve de nourriture. Les consignes sont claires dès l’arrivée : ne pas laisser les enfants jouer sans surveillance, ne pas s’éloigner du camp à l’aurore ou au crépuscule et rester enfermé dès la tombée de la nuit. Nous trouvons ces règles un peu strictes et peu justifiées, le puma n’est pas un animal connu pour son agressivité…

Nous souhaitons au contraire essayer d’observer ce bel animal dans son milieu naturel. Le puma passe la journée dans une grotte et sort au crépuscule pour se rendre vers son garde manger. Nous décidons donc d’aller dîner au départ du sentier accédant à la pinguineria et de retourner à vitesse très réduite vers le campement afin de tenter notre chance. Mais les guardaparques surveillent et nous demandent de regagner le camp avant 20h. Nous jouons la désobéissance et prenons un peu de retard, puis nous roulons au pas, Manao, Sabah et François sur le toit, jumelles vissées sur le nez, à la recherche du moindre mouvement suspect.

Recherche de pumas
Recherche de pumas

Sur le chemin nous croisons le camping-car des « Aléa » (arrivés la veille) également à la recherche du « fauve sanguinaire ». Nous réalisons une première liaison au campement sans signe de l’animal. Nous décidons de faire demi tour et de retenter notre chance. Il est près de 21h30 lorsque nous apercevons…. une moufette. Nous nous jetons à sa poursuite pour obtenir son meilleur profil en oubliant les règles élémentaires de sécurité une fois entrés dans le terrain de chasse des pumas !!! Mais la présence de petits enfants dodus n’a pas attiré le félin. Ouf…
Nous remontons dans Ulysse et, un peu abattus, décidons de rentrer.
Sur le chemin du retour, nous rejoignons les « Aléas » qui nous font signe et nous indiquent une direction. Après une observation minutieuse du paysage se voilant de l’ombre de la nuit, une tache blanche, lointaine, furtive, se déplaçant doucement apparaît dans notre champ de vision. A travers les jumelles, nous reconnaissons un puma !!!! Mais ce dernier est aussi petit qu’une tête d’épingle ne restera qu’une vision fantomatique pour les enfants. L’excitation de cette découverte laisse vite la place à une certaine amertume due à la distance.
Quelques instants plus tard, des faisceaux lumineux apparaissent au loin annonçant la venue de la garde parc. Cette dernière nous réprimande d’être encore dehors à cette heure aussi tardive et nous raccompagne jusqu’au campement….

Le lendemain, lors d’une promenade sur la plage, nous découvrons des empreintes de puma. Nous décidons de les suivre en nous aventurant dans les canyons creusés par les eaux tumultueuses de la saison des pluies. A leur sortie, les empreintes disparaissent dans la steppe et le rêve de croiser le regard de cet animal de légende s’évanouit.

Monte Leon 5

Pendant notre séjour, nous voyons arriver les « Aléa » puis les Cavagnis à quelques jours d’intervalle pour le plus grand bonheur des enfants. Il s’organise alors des nuits sous la tente, des explorations dans les environs, des jeux sur la plage…. Nous faisons également la connaissance d’un couple belge, Paul et Marie-Alliette, parti à l’aventure en Amérique du Sud pour un an (www.alorsonpart.be) et de leur fille, Wendy, qui les a rejoints pour trois semaines de vacances. Nous passons d’agréables moments en leur compagnie.

Monte Leon 6

Nous quittons le parc avec de bons souvenirs, riches de rencontres et de découvertes.

Nous faisons étape à Piedra Buena, petite ville paisible mais chaleureuse.

Piedra

Puis nous rejoignons la Réserve naturelle de San Julian implantée sur une presqu’île en face de la ville de Puerto San Julian. Un bivouac de rêve sur la plage nous permet d’observer chaque jour à marée haute des toninas (dauphins de Commerson), petits dauphins noirs et blancs, tandis que la marée basse dévoile des œufs de raies et même un nudibranche, minuscule mollusque ressemblant à une limace.

San Julian 1

Plusieurs parties de pêche pour François et Manao se soldent par un fiasco complet alors que les pêcheurs tout proches sortent poisson sur poisson… Alors une belle session de cerf-volant entre père et fils pour oublier cette cuisante défaite.

San Julian 2

En quittant ces lieux, nous rencontrons des nandus et des tatous sur les bords des pistes.

San Julian 3

Lorsque nous recevons la confirmation par mail de la croisière de 15 jours dans les canaux au départ d’Ushuaïa à partir du 1er mars, deux alternatives s’offrent à nous:
soit une version tranquille avec des distances raisonnables et dans ce cas nous prenons dès à présent la route vers le sud en repassant par l’ouest et la Cordillère des Andes. Cette solution nous permet d’éviter de trop longues distances mais nous oblige à repasser dans des endroits que nous avons déjà traversé.
soit une version nous permettant de continuer de découvrir de nouveaux lieux et d’atteindre l’île de Chiloe 1200kms plus au nord sur la côte Pacifique.
Nous optons pour cette seconde solution.

Une première longue étape de 400kms nous permet de rejoindre Rada Tilly, cité balnéaire que nous avions appréciée lors de notre trajet vers le sud. La belle plage et le soleil rechargent nos batteries et nous goûtons avec joie aux jeux aquatiques.

Rada Tilly

Une seconde étape de 600 kms relie la côte Atlantique à la Cordillère des Andes au niveau d’Esquel.

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